L'eau du fangas a jailli en arc-en-ciel
Mardi 16 Mars 2010
Ste Bénédicte
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300 écoliers de CM 1 et de CM2 du Pays d'Apt ont assisté au jaillissement de l'énorme "geyser" du second forage du Fangas le jeudi 18 septembre, à l'initiative de la C.C.P.A. (Communauté de Communes du Pays d'Apt) qui dispose désormais de la compétence sur « la réalisation et l'exploitation des nouveaux forages de recherche en eau sur le site du Fangas ».
Maxime Bey, président de la CCPA, François Fornay, directeur, et Pierre Torelli, du bureau d'étude SAFEGE, maître d'oeuvre du projet, ont fourni aux enfants des explications claires et précises sur les objectifs, les difficultés rencontrées, les techniques de forage. Il importe de les sensibiliser le plus tôt possible aux problèmes posés par la gestion de l'eau, l'un des problèmes majeurs des prochaines années.
Rappelons rapidement les objectifs du projet FANGAS 2
- répondre de manière satisfaisante aux besoins actuels : renforcer les ressources existantes, constituer une ressource de substitution et un moyen de sécurisation global du système d'alimentation du Pays d'Apt face à la vulnérabilité de certaines ressources en eau,
- garantir l'alimentation en eau potable du pays d'Apt de demain,
- retrouver un débit naturel du Calavon non influencé par les prélèvements et respecter ainsi les objectifs fixés par le S.A.G.E. (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) du Calavon avec la suppression des prélèvements aux captages des Bégudes.
Il a fallu d'abord réaliser un forage de reconnaissance, terminé en mars 2008. La production d'eau en domaine karstique (calcaire) reste toujours incertaine. Un karst est une couche de calcaire fracturée, composée de "pleins" et de "vides". Le caractère aléatoire des forages profonds réside dans la nécessité de parvenir à ces zones de "vide" (avens, fissures, zones fracturées) moins nombreuses que les zones de "plein". Il est donc impossible de garantir un résultat à coup sûr. Il s'agissait d'identifier la fracturation des calcaires (la nappe est située dans les calcaires du barrémien supérieur à faciès urgonien) et d'obtenir une première approximation du débit de la productivité.
Le choix du site par la C.C.P.A. (proximité du forage Fangas 1) présentait l'avantage, en cas de résultat positif, de permettre l'utilisation d'une partie des équipements existants, la maîtrise du foncier étant d'ores et déjà assurée.
Le forage de reconnaissance est descendu jusqu'à 611 mètres. Les premières venues d'eau se sont produites à 316 mètres. Le débit semble au moins équivalent à celui de Fangas 1 et la qualité de l'eau est satisfaisante.
La réalisation du forage d'exploitation est en cours d'achèvement.
Elle s'est déroulée (et continue de se dérouler à l'heure où nous mettons sous presse) selon les étapes suivantes
- création de la chambre de pompage pour recevoir la pompe,
- retrait du tube acier et PVC,
- foration pour obtenir un diamètre supérieur (450 mm) au forage de reconnaissance,
- tubage inox alimentaire, pompage d'essai permettant de définir précisément la productivité et la qualité de la ressource.
Il serait donc prématuré d'annoncer aujourd'hui la quantité d'eau fournie par le nouveau forage. Le forage Fangas 1 fournit actuellement un débit de 160 m3/heure, soit un débit approximatif de 3000 m3/jour, la pompe fonctionnant une vingtaine d'heures par jour. Il semble raisonnablement permis d'obtenir un débit au moins identique avec Fangas 2.
Nous aurons l'occasion de revenir en temps utile sur ces chiffres (probablement mi-novembre à l'issue des évaluations) ainsi que sur les évolutions souhaitables en matière de gestion de la distribution de l'eau. Chaque chose en son temps.
Une chose au moins semble certaine aujourd'hui, et c'est une excellente nouvelle l'eau coule au second forage du Fangas !
Robert Caracchioli